Rencontres Internationales Cinéma et Sport de Montréal

lundi 21 mai 2007

Au pays d'Ernesto

Le blog de la Lucarne vous invite dans la ville espagnole d'Almeria. Et ce n'est pas un hasard. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Almeria est une petite ville de 200,000 habitants située au bord de la Méditerrannée. Elle bénéficie d'un climat béni des dieux car elle est la ville européenne comptant le plus d'heures de soleil par an, soit près de 3000. La température annuelle moyenne y frôle les 19 degrés. Des statistiques à faire pâlir d'envie tout Montréalais.
Lors de notre passage cette semaine, la cité andalouse était en effervescence puisque ce dimanche se déroulait une rencontre historique. L'équipe locale (de foot), l'UD Almeria, pouvait, en cas de victoire, y récolter les deux petits points la séparant encore de l'ascension en première division, deux points pour s'offrir l'honneur de recevoir, dès l'an prochain, les visites des prestigieuses équipes de la Liga telles que le Real Madrid ou le FC Barcelone. Le drapeau de l'équipe était visible sur chaque fenêtre et les derniers billets disponibles se sont arrachés en quelques minutes. Pour l'histoire, sachez qu'à l'heure où j'écris ces lignes, c'est chose faite, Almeria a gagné son match 3-1. Adelante! Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus: www.udalmeria.org.
Ce petit coin d'Andalousie aux tons pastels est aussi le lieu d'origine de personnages hors du commun. Tout d'abord, sachez qu'Almeria a vu naître la femme d'un célèbre joueur de football, oui, oui, vous savez, celui qui a récemment mis un terme à sa belle carrière sur un coup de tête aussi médiatisé que prévisible. Un autre personnage important y est lié puisqu'Almeria est la ville d'origine de notre programmateur et ami Ernesto Oña.
Que vous dire à son sujet si ce n'est qu'il s'agit d'un homme à part, dont la sensiblilité artistique et la culture ciné-historico-politico-sportive sans faille font le bonheur de la Lucarne et de ses amis qui se battent pour passer un après-midi en sa compagnie à dévorer des cailles grillées sur une terrasse du Plateau, tant son discours est vivifiant et juste. Réalisateur, scénariste, humaniste, poète, Ernesto s'est notamment fait remarquer pour son documentaire sur la période franquiste vue au travers du destin extraordinaire de son anarchiste grand-père. Il est actuellement en France où il travaille sur le scénario d'un film produit par une grande chaîne de télévision qui s'est laissée séduire par le concept du site internet qu'il a créé avec des proches, www.enattendantdemain.com et que vous devez aller visiter de tout urgence.
Ernesto est en outre un excellent gardien de(s) but(s) de la Lucarne et ce tant sur le terrain, où sa vivacité donne des insomnies aux attaquants adverses, qu'à la programmation, où son savoir-faire et son flair nous garantissent des films de grande qualité. La sélection 2007 de la Lucarne en est la preuve puisqu'il s'agit une fois encore d'un grand cru, digne d'Almeria, aux saveurs multiples et à la robe colorée. Je vous invite d'ailleurs à vous rendre sur le site de la Lucarne dont le lien figure dans la colonne de gauche afin de participer à une petite dégustation. Vous y trouverez des extraits de films qui vous seront présentés du 20 au 24 juin prochain.

jeudi 10 mai 2007

La médaille de la patience


La première sensation ressentie en arrivant à Pékin, c’est l’étouffement. Le niveau de pollution est tel que la gorge et les sinus de dessèchent immédiatement et les yeux se mettent à couler. Ces agréables symptômes ne disparaissant pas, et ce quel que soit le quartier dans lequel on se trouve, on en vient logiquement à se demander comment les habitants de cette ville font pour supporter cela. Il paraît que l'on s'habitue à tout. En ce qui me concerne, je me suis surtout demandé comment les athlètes - notamment ceux qui pratiquent des disciplines d’endurance - pourront tenir le coup lors des prochains Jeux Olympiques, dont les sites sont tous situés dans la mégalopole chinoise depuis laquelle le ciel ne semble jamais bleu puisque la ville est affublée d’un voile de smog permanent.

Les autorités chinoises n’ayant pas pour habitude d’y aller avec le dos de la cuillère, elles ont prévu des mesures drastiques pour remédier à la situation. Je ne sais pas si elles en viendront à interdire ou restreindre l’usage de leur voiture aux propriétaires des quelques trois millions de véhicules empruntant chaque jour les rues, ou plutôt, les autoroutes de Pékin. Il est en revanche acquis que les entreprises polluantes de la région seront tout simplement fermées pendant la durée des Jeux et que cela suffira à réduire le smog de façon conséquente.

Une autre question vient à l’esprit : les embouteillages sont tels que le moindre des déplacements inter-pékinois prend au minimum une heure. Là encore, les autorités ont une solution toute trouvée : de nombreuses voies de circulation seront réservées exclusivement aux athlètes, aux membres des délégations, au comité d'organisation, etc. Je n’ose pas imaginer les bouchons que cela créera sur les autres voies car c'est déjà la pagaille actuellement. Les travailleurs locaux devront probablement partir de chez eux au milieu de la nuit pour se rendre à leur travail. Ils méritent d’ores et déjà la médaille de la patience.