Rencontres Internationales Cinéma et Sport de Montréal

mardi 5 juin 2007

De la théorie à la pratique


Le footballeur français Vikash Dhorasoo a souvent défrayé la chronique. Amateur d’Aston Martin et habitué des coups de gueule, ce n’est pas un footballeur comme les autres. Son film «Substitute», réalisé lors de la Coupe du Monde 2006, a créé la polémique avant même sa sortie. Journal intime de son quotidien de remplaçant (il n’a joué que 16 minutes avec l’équipe de France durant cette compétition), cette réalisation a effrayé quelques-uns de ses glorieux coéquipiers qui ont déclaré que certaines choses ne devraient pas être révélées publiquement. Pourtant le film ne vole rien puisqu’on n’y voit que Dhorasoo traînant son spleen de « substitute ». Ce film intelligent et sincère a d’ailleurs obtenu d’excellentes critiques. A voir absolument le 24 juin à 19 h à la Cinémathèque.
A l’image de son film, Vikash Dhorasoo est un homme sensible et par conséquent allergique à toute discrimination. Il est le parrain
d’un club français pas comme les autres, le PFG, le Paris Football Gay. Ce club participe aux compétitions officielles de la région parisienne et son credo n’est pas le communautarisme puisque la moitié de l’effectif est hétérosexuel. Cette ouverture est garante de résultats car, comme rappelé justement sur leur site (http://parisfootgay.free.fr) sur lequel j’ai d’ailleurs emprunté la photo illustrant ce message, le communautarisme attise les tensions et les haines.
Des actions telles que celles du PFG et de Vikash sont importantes car, en Europe en tout cas, le
football est encore dominé par un machisme sans limite et où l’on entend trop souvent des remarques aussi poétiques que « le foot, c’est pas un sport de pédés ». Les joueurs professionnels gay sont priés de le cacher et leurs sponsors leur demandent même de s’afficher avec des femmes pour des questions d’image. Faire son coming out revient à prendre sa retraite sportive : les deux seuls joueurs l’ayant fait à ce jour, Wilson Oliver et Justin Fashanou, ont été mis sur la touche par des entraîneurs homophobes. Triste panorama.
La pratique du sport est pourtant un droit de l’homme et l’un des principes du Mouvement Olympique est de «contribuer à bâtir un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, la solidarité et le fair play». Il serait temps de passer de la théorie à la pratique….Longue vie donc au PFG, à Vikash et à tous ceux qui se battent pour un sport libre de toute discrimination.

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