Un régime dans les cordes

Nous abordons la dernière ligne droite. La Lucarne débute mercredi à la Cinémathèque québécoise où 18 films vous seront présentés jusqu’à dimanche soir. Il était donc temps de mettre un terme à notre petite vadrouille et de rentrer à Montréal. Un retour agréable puisque cette ville est un petit monde en soi qu’il fait bon observer assis à une terrasse ensoleillée ou à une table du Laïka - lieu incontournable pour l’équipe de la Lucarne - et où nous avons rendez-vous avec le réalisateur Yann Langevin.
Yann est un habitué de la Lucarne puisque pour la deuxième fois en deux éditions, un de ses films est à l’affiche des Rencontres internationales cinéma et sport de Montréal. Également recherchiste et scénariste, Yann Langevin s’est installé à Montréal il y a une douzaine d’années. Séduit par le multiculturalisme de cette ville et passionné de sport, il nous avait l’an dernier offert Montréal Planète Foot, un documentaire plongeant le spectateur dans les microcosmes des communautés montréalaises observées depuis la touche. Certains d’entre vous ont peut-être également vu deux de ses réalisations récemment diffusées à la télévision, à savoir la série Les Petites Vies et son documentaire sur le Cirque Eloize. Nous verrons cette année le premier film de Yann Langevin, Guantanamera Boxe, co-réalisé en 2000 avec Richard Jean-Baptiste et dont le sujet est original puisque malgré l’importance de la boxe à Cuba et les résultats impressionnants obtenus par les boxeurs cubains au niveau international, aucun film documentaire n’avait encore été réalisé sur le sujet.
Guantanamera Boxe aborde en quelques actes et sous forme de slogans révolutionnaires, la politique du sport à Cuba au travers du combat de deux jeunes espoirs s’entraînant dans la chaleur étouffante d’un hangar sinistre. La pénurie est partout sur l’île mais les fidèles castristes tentent de faire diversion. Yann Langevin nous a confié que le jour avant le tournage, le directeur du centre d’entraînement avait lui-même coupé le gazon devant l’entrée. Quant à "l’accompagnatrice" mandatée par le gouvernement pour suivre chaque fait et geste de l’équipe de tournage pendant son séjour sur l’île, elle avait elle-même tenu à installer des plantes vertes dans le hangar afin de le faire apparaître moins austère.
Impossible pourtant d’oublier que la rage de réussir de ces gamins se doit autant à leur passion pour la boxe qu’à leur espoir de s’affranchir d’un castrisme à bout de souffle. Ce ne sont pas les apparitions télévisées sporadiques d’un Castro livide et flottant dans son survêtement Adidas qui nous feront croire le contraire. Voilà près d’un an que Fidel est malade. Son régime l'est quant à lui depuis de longues années. Une agonie interminable pour un peuple merveilleux dont le légendaire sourire se fait jaune face à une répression de plus en plus forte, arme ultime d’un système d'un autre temps et qui, à l'image d'un chien blessé, devient chaque jour plus agressif.
La reconnaissance sportive offre ainsi une alternative très prisée sous forme de bon de sortie : il est en effet fréquent que les sportifs cubains profitent de leur première compétition à l’étranger pour disparaître dans la nature et se faire oublier. Aborder ouvertement ces désertions n'est évidemment pas envisageable: Yann Langevin se voyait répondre avec un sourire que ces sportifs étaient « morts ». Jolie métaphore. La métaphore est d’ailleurs un art dans lequel les Cubains excellent puisqu’il permet d’égratigner le régime en évitant la case prison.
Yann est un habitué de la Lucarne puisque pour la deuxième fois en deux éditions, un de ses films est à l’affiche des Rencontres internationales cinéma et sport de Montréal.
Guantanamera Boxe aborde en quelques actes et sous forme de slogans révolutionnaires, la politique du sport à Cuba au travers du combat de deux jeunes espoirs s’entraînant dans la chaleur étouffante d’un hangar sinistre. La pénurie est partout sur l’île mais les fidèles castristes tentent de faire diversion. Yann Langevin nous a confié que le jour avant le tournage, le directeur du centre d’entraînement avait lui-même coupé le gazon devant l’entrée. Quant à "l’accompagnatrice" mandatée par le gouvernement pour suivre chaque fait et geste de l’équipe de tournage pendant son séjour sur l’île, elle avait elle-même tenu à installer des plantes vertes dans le hangar afin de le faire apparaître moins austère.
Impossible pourtant d’oublier que la rage de réussir de ces gamins se doit autant à leur passion pour la boxe qu’à leur espoir de s’affranchir d’un castrisme à bout de souffle.
La reconnaissance sportive offre ainsi une alternative très prisée sous forme de bon de sortie : il est en effet fréquent que les sportifs cubains profitent de leur première compétition à l’étranger pour disparaître dans la nature et se faire oublier. Aborder ouvertement ces désertions n'est évidemment pas envisageable: Yann Langevin se voyait répondre avec un sourire que ces sportifs étaient « morts ». Jolie métaphore. La métaphore est d’ailleurs un art dans lequel les Cubains excellent puisqu’il permet d’égratigner le régime en évitant la case prison.
Guantanamera Boxe, ce jeudi 21 juin, 19h à la Cinémathèque.

2 commentaires:
Hay que ir a ver este film. Si lo recomienda Julien por algo será.
Chicas solteras, nos vemos en el cine ;-)
Julian
20 juin 2007 à 20:11
Eso si es un comentario experto ! Me gusta ! Nos vemos luego boludo. Julien
21 juin 2007 à 12:04
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