Rencontres Internationales Cinéma et Sport de Montréal

vendredi 31 août 2007

Tu seras un champion mon fils

Je continue à m’en prendre à la Chine. Et cette fois à un Chinois en particulier, soit un père de famille dont vous avez peut-être entendu parler dans les médias puisque que ce brave monsieur a fait courir une distance de 3500 kilomètres à sa fille de 8 ans. Il la suivait quant à lui confortablement assis sur sa mobylette…très probablement en lui hurlant dessus à chaque fois que la gamine fléchissait. Ce sinistre crétin a ensuite rejeté toute accusation de mauvais traitement envers un enfant arguant que sa fille aimait courir, ce que la petite a d’ailleurs étonnamment confirmé. Sans doute un effet secondaire de la nandrolone dans son biberon. Aux experts ayant déclaré qu’un tel effort – un peu plus de 60 kilomètres par jour pendant 55 jours – ne pouvait être que dommageable à la santé de la jeune file, il a rétorqué s’en moquer éperdument et vouloir continuer à entraîner sa fille « qui aura 17 ans lors des Jeux Olympiques de 2016 ». Il prévoit certainement de commencer les cures d’EPO dès l’an prochain. Fini les Frosties !
Mais cet exemple n’est évidemment pas le seul de ce genre. On se rappelle de cet autre pater familia psychotique qui lors de plusieurs tournois de tennis en France avait soigneusement mélangé des somnifères au Gatorade des adversaires de son fiston afin de lui faciliter l’accès à la gloire départementale. L’histoire s’était terminée tragiquement puisque le pot au rose avait été découvert suite à la mort d’un des jeunes adversaires drogués. Ce dernier s’était en effet endormi au volant de sa voiture en rentrant chez lui une fois la partie terminée…Jeu, set et match.

lundi 27 août 2007

Le Dollarama de la politique

Le lundi 13 août dernier, un avocat montréalais invité à donner son opinion sur la piètre qualité des produits fabriqués en Chine écrivait dans les colonnes de La Presse que : « Le mois dernier, le directeur de l’agence chinoise de réglementation des médicaments et des produits alimentaires a été condamné à mort puis exécuté. Plus récemment, le gouvernement chinois a placé sur une liste noire plus de 400 entreprises qui n’ont pas adopté de standards de qualités élevés. Il s’agit de pas dans la bonne direction, mais leur impact ne sera que temporaire ». Difficile de dire si cette opinion reflète réellement celle de l’auteur mais il est surprenant de voir l’exécution d’un homme qualifiée de « pas dans la bonne direction » dans les pages du quotidien montréalais.
Une chose est en revanche certaine, le gouvernement chinois ne se pose pas trop de questions à l’heure de prendre des décisions. Seule l’efficacité immédiate des mesures prises semble dicter ses choix. Et tant pis pour les droits de l’homme et la protection de l’environnement, qu’il s’agisse des exportations ou de l’organisation des prochains Jeux Olympiques. La tenue du plus grand événement sportif à Pékin a en effet également donné lieu à un florilège de mesures aux effets aussi immédiats que temporaires. La ville de Pékin est un attentat écologique à elle seule? On fermera les usines les plus polluantes pendant la durée des Jeux. Trop de trafic automobile? On limitera le nombre de voitures et réservera une voie sur chaque autoroute pour les sportifs et les officiels. Il y a du retard dans la construction des sites de compétition? On recrute à tour de bras des paysans dans la campagne chinoise avant de les y renvoyer une fois leurs travaux forcés terminés. Le mois d’août est très pluvieux à Pékin? On forcera les pluies avant le début de l’événement en bombardant les nuages avec des fusées expérimentales. Les pelouses ne sont pas assez vertes pour la visite d’inspection de la Commission d’évaluation du CIO? Et bien, on les asperge de peinture verte. Décidemment, les dirigeants chinois ne misent pas sur le long terme. C’est le Dollarama de la politique.

lundi 13 août 2007

La démocratisation du tennis

Amateur de tennis quand il fait beau, et ce fut le cas ce week end, je me suis rendu au Parc Jarry pour y soutenir mon compatriote Federer. Le jour de la finale, j’ai enfilé un t-shirt rouge à croix blanche afin de montrer mes couleurs. Ces relents de patriotisme sont quelques peu nouveau pour moi, sans doute le résultat d’une nostalgie inévitable pour tout expatrié. L’ambiance était joyeuse et colorée dans les allées du stade. Je croisais d’autres Suisses tout de rouge vêtus ainsi que de nombreux supporters serbes enroulés dans leur drapeau national et venu encourager le jeune prodige Djokovic. L’après-midi fut très agréable et le match d’un niveau exceptionnel.
Quelque peu déçu par la défaite de Roger, je quittais le stade dès la balle de match jouée. Je n’ai jamais aimé les cérémonies de remises de prix et les discours d’après-match, encore moins quand mon favori perd. Alors que je descendais tête baissée les escaliers, je fus apostrophé par un bonhomme portant le maillot de l’équipe serbe de football. Il hurlait et semblait transi par la belle victoire de son compatriote….et peut-être également par un trop plein de Belle Gueule, fabriquant de bière sponsor du tournoi. Sa gueule à lui n’était pas belle mais elle était aussi rouge que mon t-shirt. Il me regarda, baissa les yeux sur mon t-shirt, tendit son majeur en ma direction et me gratifia d’un « fuck Switzerland ». Amen. Je continuai mon chemin mi-énervé, mi-amusé. Je n’avais de toute manière aucune envie de me lancer dans un débat contradictoire. De toute façon, le type était beaucoup plus gros que moi.
Je pensais que ce genre d’énergumène ne fréquentait que les stades de football. J’en ai croisé un certain nombre. Le tennis n’est plus ce qu’il était, ce sport s’est vraiment démocratisé. Mon Dieu, vive le Roi !

mercredi 8 août 2007

When we were kings

Grâce au réseau aussi étoffé que proactif de la Lucarne, je vous informe qu'un documentaire passionnant passe ces jours sur la chaîne Historia. Ceux qui n'ont pas le câble peuvent donc reprendre leur partie de sudoku. Pour les "branchés", voici le synopsis:

WHEN WE WERE KINGS
É.U. 1996 Documentaire de Leon Gast et Taylor Hackford avec Muhammad Ali, George Foreman, Norman Mailer, Spike Lee. En 1974, Muhammad Ali tente de reconquérir son titre de champion du monde lors d'un match de boxe mythique contre George Foreman, qui a lieu au Zaïre. L'enjeu du combat est tout autant politique que sportif, car Ali se veut le porte-parole des Noirs d'Amérique, auquel il veut dédier sa victoire. Ce fascinant documentaire retrace ce match qui est entré dans l'histoire comme le combat du siècle.

Ils annoncent un peu de pluie pour vendredi. Voilà de quoi vous occuper. Ah, j'oubliais, si vous croisez sur l'Avenue du Parc un étrange taureau à la crinière chevaline portant un t-shirt de couleur rouge et sans manche, ne vous inquiétez pas, le numéro deux du tennis mondial est en ville.